Historiquement parlant, le malheur du monde peut être causé par deux choses : la femme, et les juifs. Si j'étais née quelques centaines d'années plus tôt, je suis sûre que j'aurais moi aussi ma place dans cette liste.

Historiquement parlant,  le malheur du monde peut être causé par deux choses : la femme, et les juifs. Si j'étais née quelques centaines d'années plus tôt, je suis sûre que j'aurais moi aussi ma place dans cette liste.
Bonjour à vous et bienvenue sur ce qui deviendra dès aujourd'hui mon petit sanctuaire.

Je m'appelle Daisy, et je suis âgée de 18 ans. Je fais partie de la génération des deux prénoms reliés : mon second prénom, je préfère le résumer en une lettre. Vous comprendriez si vos parents avaient eu la brillante et farfelue idée de vous appeler Daisy Rosalyn. Je vous entends déjà vous esclaffer. Faites donc. Triste monde tragique.

Je suis née un premier décembre, ce qui fait de moi une enfant malheureuse de ne recevoir des cadeaux que dans une seule période de l'année. Triste monde tragique.

Je suis passionnée de musique. Je joue du piano depuis que j'ai huit ans, et mon charmant professeur m'apprendre bientôt à jouer de la guitare électrique. Bonne chance à mes parents qui auront à supporter mes premières fausses notes. Bien fait pour eux ... Ils n'avaient qu'à ne pas être bourrés quand ils ont décidé que mon nom était "mignon". Perso ... j'aimerais bien savoir ce qu'ils ont fumé ce soir là pour croire que ce serait un jour à la mode.

Je ne fais pas de sports. Je suis une sportive de salon, maniaque de football quand il reste dans ma télé. Et une sportive de sous-sol. Tapis de course, vélo stationnaire, tout cela me va très bien. Je passerai le sport de chambre sous silence.

Je vous préviens : je suis geek. Pas geek d'informatique. Pas geek de StarTrek. Nope. Geek d'un jeu vidéo en particulier : Heroes of Might and Magic. Je risque d'en parler souvent parce que je suis à fond dans mes campagnes. Des commentaires express du genre "ost* de vampire à marde, tu me stresses" risquent de passer souvent dans mes articles. Ne vous affolez pas : je ne suis pas folle ... seulement un peu tarée, avec le cerveau lobotomisé par mes conquêtes épiques.

Si je devais vous énumérer mes likes and dislikes, j'en aurais pour des jours. Voyez ceci : j'aime certaines choses, et j'en déteste d'autres. Vous aurez tout le loisir de découvrir mes centres d'intérêt si vous suivez ce blog. Mais je doute que vous le fassiez. Comme je l'ai dit quelque part : ma vie ne peut pas devenir votre centre d'intérêt.

Alors voilà en gros ce que je suis. Rien de plus que Daisy.
Si tu veux me parler sur msn : oublie le projet, je me connecte genre ... deux fois par année, et ça c'est encore bien beau. Pis j'ai jamais rien à dire.

Bon ... Je m'étais promis de faire ça short and sweet ... c'est raté.

Daisy R. Peters

# Posté le mardi 19 mai 2009 23:30

Le spectacle insolent d'un couple qui se connaît à vingt ans, s'aime, se l'avoue, se le répète et meurt heureux, remplit d'aigreur la plupart des gens.

Le spectacle insolent d'un couple qui se connaît à vingt ans, s'aime, se l'avoue, se le répète et meurt heureux, remplit d'aigreur la plupart des gens.
Mes parents s'aiment.

D'un amour fou.

D'un amour sincère.

D'un amour coulant.

D'un amour bouillant.

D'un amour libérateur.

D'un amour qui donne mal au coeur.

On a tous un couple exaspérant dans notre entourage. Un couple qui nous rappelle que nous sommes plus seuls que la lune. Moi ce sont mes parents. Toujours à se répéter à quel point ils sont heureux. Ils respirent le bonheur à tel point que ça empeste toute la maison.

Est-ce que les couples heureux pourraient avoir un peu plus d'égard et confiner leur amour dans leur chambre à coucher ? Est-ce que c'est trop leur demander ? On n'a pas envie de voir ça, nous, de l'amour grouillant et gai.

N.B. Quand on est en couple, on a tous un célibataire qui nous tape sur les nerfs. En l'occurence, des gens frustrés et chiants qui ne voient que leur petit malheur et qui essaient de faire culpabiliser les gens qui profitent du bonheur qui leur est offert sur un plateau. Ces gens-là ne valent pas mieux que les gens heureux.

Clique ici !

Daisy R. Peters

# Posté le mercredi 20 mai 2009 20:09

Modifié le dimanche 27 décembre 2009 21:29

L'homme intelligent a de commun avec l'imbécile de croire que celui qui ne pense pas comme lui est un imbécile.

L'homme intelligent a de commun avec l'imbécile de croire que celui qui ne pense pas comme lui est un imbécile.
Je suis passée sur le blog d'une fille hier. La première chose que j'y ai lue ressemblait à peu près à ça. Cette citation est approximative car je n'ai pas réussi à remettre la main sur le dit blog. Alors si la personne se reconnaît, elle pourra toujours faire semblant que ce n'est pas elle qui l'a écrite. Ne suis-je pas gentille ... EDIT : Finalement j'ai retrouvé le blog. Voilà la citation exacte.

"perso je parle pas ac les perver ni les rapeur je les hai
jadore les metalleux jen suis une jespere que mon blog va vous plaire."

Sur le coup je me suis dit ... pas grand-chose en fait. J'étais sans voix. Mais quelle fermeture d'esprit ... Malgré tout, j'ai continué à feuilleter le blog et finalement je me suis dit, en voyant le niveau intellectuel de ses articles, qu'au fond ... c'était pourtant très adapté à des "rappeux". (cela dit, pour ce qui est des pervers, je suis on ne peut plus d'accord avec elle, même si j'apprécie de leur parler pour mieux les rembarrer)

Je veux bien comprendre que les rappeux ne sont pas de la meilleure compagnie qui soit ... Moi aussi j'aurais envie de donner un coup de pied dans la fourche de leur pantalon trop grand, de leur remettre leur casquette dans le sens du monde et de les étrangler avec leurs chaînes et tout leur bling bling mais ... je m'abstiens.

Les rappeux ont leurs défauts. Très apparents. Les métalleux aussi. Peut-être un peu plus discrets. C'est pas le même genre de bling bling, mais quand même ...

Je veux bien comprendre que cette métalleuse pure graine n'aime pas les rappeux. Je peux très bien comprendre.

Mais est-ce que parce que j'aime la viande, je vais interdire l'accès à mon blog à tous les végétariens du monde ?

Est-ce que parce que je suis allergique aux chats je vais interdire à leurs propriétaires de me dire "salut, c'est cool ce que tu fais" ou de me vanter les 37 choses mignonnes que fait leur animal dans une journée ?

Eh ben si cette jeune métalleuse le fait ... pourquoi pas moi ?

Donc à partir de tout de suite, mon blog est interdit :

-aux gens ayant l'intention de visiter une ferme dans les 14 prochains jours;
-à toutes les hommes qui portent une bague à l'un ou l'autre de ses pouces;
-à toutes les mères monoparentales et propriétaires de trois poissons ou plus;
-aux serpents unijambistes;
-et surtout, aux gens qui ne comprennent par le sarcasme.

Voilà. J'ai passé le message. Je ne veux plus vous voir ici.

Allez dans la paix et l'harmonie.

Daisy R. Peters

Mea Culpa : article de merde dans un jour dans merde à une heure de merde et une inspiration de merde. Seule l'indignation était au rendez-vous.

# Posté le vendredi 22 mai 2009 23:09

Modifié le dimanche 24 mai 2009 10:50

Oh, miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ! Dis-moi aussi que la beauté ne fait pas le bonheur... mais qu'elle y contribue !

Oh, miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ! Dis-moi aussi que la beauté ne fait pas le bonheur... mais qu'elle y contribue !
Je me balade sur de nombreux blogs pour trouver de quoi alimenter mes articles. Et ce matin, je suis tombée sur une perle, qui collait exactement avec le sujet que j'avais envie d'exploiter. Quel heureux hasard, me dis-je. Je ne vous posterai pas les photos sur lesquelles je suis tombée. Je n'ai pas la science infuse, mais je crois avoir une once de bon goût.

L'article que j'ai vu - si vraiment on peut appeler ça un article - portait le titre très précis "Moi". Suit ensuite la photo d'un type devant son miroir en train de jouer des mécaniques. Wow. Bravo. Tu as des muscles. C'est bien. Rien d'autre. Que la photo et son titre. Suit ensuite un second article : "Encore moi". Encore une fois, c'est très parlant. La photo qui suit est en tout point identique à la première sauf que ah ... suis-je bête. Son épaule droite est un peu plus basse que sur la première photo. Et ainsi de suite, jusqu'à la fin du blog.

Même chose sur le blog d'une fille. Une très belle femme, oui, j'en conviens. Avec un visage poupin possédant ses charmes certains. Le blog contient treize pages. Je les ai toutes regardées. Toutes des photos d'elle en portrait, c'est-à-dire le haut du buste et la tête. Toujours la même expression sur le visage, toujours la même position. La seule chose qui change, c'est la couleur de son t-shirt et l'échancrure de son décolleté, déjà beaucoup moins joli que son visage. Notez que j'ai encore une fois la délicatesse de ne pas pointer le blog du doigt.

Après ces deux visites, je me suis dit que Skyrock ressemblait de plus en plus à un livre d'activités pour les enfants. Reliez les points entre eux, trouvez les septs différences entre les images, reproduisez quarante fois une photo en y ajoutant des bling-blingees différents à chaque fois, en autant que ça brille et que ce soit "beau".

Toujours dans le thème de la beauté ... Que dire de ces gens qui disent : "Oh fais pas attention, je suis vraiment pas belle là, je le sais." et qui envoient des tas de photos malgré tout ? C'est moi ou c'est une manoeuvre se voulant subtile pour pousser les gens à vous dire "ben non, t'es super belle". Si elle était vraiment moche la fille, elle n'enverrait pas ses photos. Et là quand on lui dit qu'elle est jolie, tout de suite elle avoue qu'elle se trouve mignonne sur cette photo. Et sur les autres, finalement, c'était pas trop mal, maintenant qu'elle a le coup d'oeil d'un parfait étranger.

Comment vous me trouvez ? Notez ma photo. Est-ce que je suis jolie ? Est-ce que vous sortiriez avec moi ?

C'est beau quand même ... la richesse du web.

Daisy R. Peters

# Posté le samedi 23 mai 2009 11:42

Modifié le dimanche 27 décembre 2009 21:22

L'ennui fait le fond de la vie, c'est l'ennui qui a inventé les jeux, les distractions, les romans et l'amour.

L'ennui fait le fond de la vie, c'est l'ennui qui a inventé les jeux, les distractions, les romans et l'amour.
Daisy s'ennuie.

Daisy n'a pas de vie.

Daisy n'a pas d'amis.

Daisy est tannée de jouer à Heroes of Might and Magic quand elle doit se battre contre les héros qu'elle a elle-même entraînés.

Daisy ne sait pas quoi faire.

Alors Daisy écrit.

Ce jour-là, tout n'avait été que désordre. Alors que l'Orgueil, parée de ses nombreux ornements, essayait d'atteindre l'arbre de vie, les hurlements retentissaient, le sang coulait et l'âme s'envolait. Elle était tout près de son but. Le décor lui semblait si lointain et pourtant, elle se trouvait directement au centre de l'action, bien que personne ne sembla lui porter d'attention. Elle et l'Arbre. L'Arbre et elle. Elle pouvait sentir les palpitations du c½ur même de la légende qui se répercutaient dans les airs, jusqu'au plus profond de son être.
Les milliards de branches souples semblables à des tentacules flottaient mollement au côté gauche de l'Arbre, s'échappant de sa gorge et de son épaule. Les prolongements de sa vie partagée avec tous les êtres vivants de la planète. Son corps féminin, enraciné dans le sol, à demi couvert d'un grand drap sombre semblable à de l'eau se répandant tout autour de sa silhouette blanche, laissait voir une main tout aussi blanche retenant l'étoffe fluide en place, un sein rond d'un perfection indescriptible et la courbe d'une hanche bien découpée. Le bas du corps, à partir des cuisses, était caché dans la tête humide, alors que la tête et le bras gauche laissaient leur place aux innombrables filaments de vie, ondulant selon la fantaisie de la brise.
L'Orgueil ferma les yeux, savourant sa victoire qu'elle sentait si proche. Si son cerveau supérieur aux autres ne l'avait pas trompée, elle n'avait qu'à enlacer l'arbre, s'unir à lui pour ne faire qu'un. Noble dessein pour un être de sa grandeur. Alors qu'elle s'avançait d'un pas supplémentaire vers son but, elle réalisa que le vacarme des affrontements avait cessé. Inquiète, elle regarda tout autour d'elle et, tournant sur son axe, elle sursauta en croisant le regard de l'Envie.
La chevelure blonde et emmêlée de l'Envie flottait autour de sa tête, défiant ce que le vent aurait du lui dicter. Les émeraudes de ses yeux brûlaient de convoitise en regardant les branches de l'Arbre. Mais entre elle et ces terminaisons palpitantes se dressait sa s½ur.
Tu avais dit que tu m'emmènerais avec toi, lança-t-elle d'une toute petite voix, comme si elle craignait d'attirer l'attention sur elles deux. J'ai fait tout ce que tu m'avais demandé. J'ai tenu tête... je... Tu m'as laissée seule à les ralentir. Tu devais m'attendre.
C'est ce que je faisais, se défendit vivement l'Orgueil.
Mensonges ! Tu te préparais à l'enlacer sans moi ! couina l'autre.
L'icône de la fierté abusive leva ses yeux au ciel et recula d'un pas en direction de l'arbre mais, à peine ce mouvement effectué, l'envieuse avança elle aussi d'un pas. Au-dessus de sa tête, les cieux clairs ne laissaient rien présager de la tragédie qui allait bientôt frapper l'humanité pour des millénaires. Ils ne laissaient rien voir de ce combat décisif entre le vice et la vertu, une bataille sanglante qui se jouait à cet instant précis. En ramenant son regard vers l'horizon, l'Orgueil constata avec ennui que sa s½ur était à présent loin d'être seule.
L'Avarice se tenait à la droite de L'Envie, la soutenant par l'épaule, ses doigts sertis de bagues dorées s'enfonçant dans sa peau claire. Les yeux de la femme étaient posés sur son frère, implorant son support, lorgnant sa richesse si bien étalée au vu et au su de tous. À leur gauche se tenaient la Colère et la Paresse, l'un imposant, droit et ferme, l'autre donnant l'impression de n'avoir par envie de se prêter à cet évènement. Et de l'autre côté, la Luxure était talonnée de son frère la Gourmandise. Tout autour d'eux, comme situés à l'extérieur d'un cercle fictif, l'Ardeur, l'Humilité et tous leurs cousins observaient, impuissants, l'ensemble des vices réunis, dangereusement trop près du centre même de la vie.
Aurais-tu omis de nous faire part de certains détails ? demanda piteusement l'Envie.
L'Orgueil voulu faire volte face et se précipiter vers l'arbre, mais l'un de ses frères fut plus rapide et serra fermement sa main autour du poignet fin et délicat de la fugitive.
Il y a eu un léger changement de programme ma jolie, minauda la Luxure en s'approchant, glissant lascivement un doigt sur la joue de la captive.
Quelque chose que même ta belle gueule n'a pas pu voir venir, gronda la Colère en lui tirant ses longs cheveux couleur de la terre.
C'est moi qui habituellement cherche à éloigner les choses de mes trésors, se moqua l'avare. Te serais-tu trompée de domaine, Ô toi mortelle fierté ? Toi qui n'as jamais tort !
L'Orgueil, piquée au vif dans ce qu'elle avait de plus précieux, jeta un regard derrière la barrière invisible qui les séparait du reste du monde. Certaines vertus essayaient toujours de pénétrer leur petit sanctuaire improvisé, d'autres avaient perdu tout espoir de les empêcher de nuire, d'autres encore étaient trop mal en point pour tenter quoi que ce soit.
Tu t'es jouée de nous tous, tu t'es jouée de ta famille, pleurnicha l'Envie, se réfugiant derrière l'avare.
N'as-tu pas pensé que nous pouvions aussi avoir faim de découvrir de nouvelles choses ? demanda en gloussant le gourmand.
Tu nous confies tous une tâche, et on s'aperçoit que c'était inutile. Que devons-nous en penser ? bailla la Paresse.
Dans une tentative désespérée, l'Orgueil se débattit pour se défaire de l'étreinte de son frère le plus costaud, mais celui-ci ne lui laissa aucune chance. D'un mouvement brusque, il la plaqua au sol et l'immobilisa en posant le pied sur son dos. Humiliée, le visage dans la boue, elle ne bougea pas autre chose que ses lèvres.
Brûlez, tous autant que vous êtes ! Vous n'êtes pas assez grands pour oser même songer à effleurer l'Arbre de vie. Moi seule en ai le droit.
Elle n'aurait su dire ce qui était le plus ignoble. Reposer dans cette position indigne que l'Envie, cette misérable jalouse, affectionnait si parfaitement ou entendre les rires cruels de ses frères et s½ur.
C'est toi qui brûleras ! tonna la colère. On verra bien qui est le plus digne entre toi et nous.
Donnant un coup de talon dans le dos de celle qu'il considérait dès lors comme un déchet, la Colère se tourna vers l'Arbre. Lentement mais avec autorité, il entraina les autres, sans avoir besoin de prononcer le moindre mot, vers l'objet de toute cette discorde.
Ta souillure sera la seule à ne pas toucher cette belle chose, cracha-t-il avec haine. Tu n'es plus rien.
Comme il disait ses mots, les autres péchés s'avancèrent pour entourer l'arbre. Les branches se mirent à frémir, se figèrent un instant, puis devinrent comme animées d'une frénésie inhabituelle. En y regardant bien, on aurait même pu voir la sueur perler sur la poitrine de l'arbre, on aurait pu constater le tremblement qui agitait ses doigts sur le drap cachant sa nudité. D'un même mouvement, sous le regard meurtrier de l'Orgueil qui se redressait lentement, les vices posèrent leurs mains sur la peau de la source. Aussitôt, ils disparurent tous, semblant s'évaporer dans l'air.
Clignant des paupières, incertaine, elle resta un moment à contempler le spectacle qui se jouait devant ses yeux. L'Arbre de vie portait des traces de brûlures en forme de mains sur son corps. Elle devina celle de la Luxure sur son sein, celle de l'Envie devait être la plus basse et la moins nette, comme si elle n'avait osé que poser le bout des doigts sur la peau parfaite qui maintenant, noircissait à vue d'½il. La souillure gagnait la vie, les doigts de la silhouette se crispèrent puis la main tomba le long du flanc, le drap s'écrasa au sol en envoyant tout autour des gerbes d'eau sombre comme la poix sur le visage de l'Orgueil.
Cette dernière se remit finalement sur ses pieds et approcha à son tour de l'Arbre. Il ne semblait plus trop représenter la vie. Il semblait plutôt mort à présent. Le corps noirci et craquelé, les branches pendantes et remuant à peine.
Si j'avais été seule à le toucher, il ne serait pas aussi horrible.
Puis une pensée lui traversa l'esprit. Pure, grande et belle comme elle était, elle pouvait sans doute à elle seule enrayer cette chose horrible que les autres – impurs et laids – avaient infligée à l'Arbre. Emplie de son éternelle bonne volonté, de sa confiance à tout casser en elle-même, elle s'avança vers le tronc qui n'avait jamais autant ressemblé à de l'écorce auparavant. De ses longs doigts fins, elle l'effleura, comme d'autres doigts l'effleuraient aussi au même moment. Une multitude de doigts.
Elle disparut à son tour, emportée dans l'air comme l'avaient été les autres, juste avant. Elle ne put le voir, mais la souillure de l'Arbre s'était amoindrie, celui-ci se pencha et ramassa l'eau qui redevint le masque de sa nudité, puis se redressa, adoptant son éternelle position passive qu'il ne devrait plus quitter pour plusieurs millénaires. Il était conscient que sept de ses branches étaient toujours touchées par cette souillure, mais c'était, le croyait-il, sept branches qui finiraient bien par disparaître.


Daisy R. Peters

Nota Bene : Quand elle s'ennuie, Daisy peut aussi regarder, à la télé, des naines qui dansent ... Elle ne fait pas qu'écrire des trucs sans queue ni tête.

# Posté le lundi 25 mai 2009 00:26